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L'encéphalite à tiques (TBEV) est causée par un virus transmis principalement par les tiques du genre Ixodes, circulant entre tiques et rongeurs sauvages. C’est une zoonose pouvant causer des encéphalites chez l’humain. La transmission à l’humain se fait principalement par piqûre de tiques mais une transmission par consommation de produits laitiers crus contaminés suite à une infection dans le/les élevages concernés peut être observée. L’excrétion du virus dans le lait des brebis, chèvres ou vaches infectées est possible. Ce sont surtout les produits caprins puis ovins qui étaient incriminés dans les contaminations alimentaires, sans que l’on puisse déterminer si cette différence est liée à des différences d’excrétion ou liée aux différences de produits (durée d’affinage, etc.). 

La maladie est asymptomatique, ou rarement symptomatique et sans doute jamais reconnue chez les ruminants empêchant la mise en place d’une surveillance événementielle. 

La Plateforme ESA avait déjà traité de la TBEV dans le cadre de ses activités de Veille sanitaire internationale via la publication d’une note en juillet 2020 (lien). Cette note faisait suite à la mise en évidence de cas groupés humains en France liés à une contamination alimentaire. Elle faisait un point sur les connaissances liées à ce cas et sur la situation de cette maladie en Europe.

La TBEV est une maladie à déclaration obligatoire en santé humaine. Elle n’est pas réglementée au titre de la LSA au niveau européen en santé animale ni au niveau nationale (pas d’obligation de notification de la maladie au sein d’un élevage).

Malgré l’absence de réglementation de cette maladie en santé animale des mesures d’investigation en élevage et de gestion sont mises en œuvre par la DGAl/MUS lors de cas humains groupés liés à une source alimentaire commune, en collaboration avec les experts de l’Anses en épidémiologie, virologie et sécurité sanitaire des aliments pour le TBEV. 

L’objectif de ces investigations est avant tout de prouver l’origine de la contamination alimentaire via la détection du génome viral dans le lait ou les produits laitiers.  Étant donné le manque de données et de connaissances actuelles sur cette voie de transmission, les objectifs de ces investigations sont aussi de collecter des données sur ces cas (proportion d’animaux infectés et excrétant du virus, isolement du virus infectieux en fonction du type de matrice, etc.) qui permettront de mieux évaluer le risque de transmission alimentaire de TBEV. En fonction du contexte des élevages, les investigations menées peuvent aussi avoir pour objectif d’aider à la gestion de ce problème sanitaire.

Ses objectifs

L’objectif des travaux menés dans le cadre de ce groupe d’investigation est d’améliorer l’efficience de la surveillance de la TBEV en France via plusieurs sous-objectifs : 

  1. Améliorer la vigilance/sensibilisation des différents acteurs via la production de documents de sensibilisation et d’une communication régulière sur la situation sanitaire.

  2. Valoriser les données de surveillance disponibles et les travaux déjà menés pour améliorer la connaissance de la distribution du virus. 

  3. Évaluer les possibilités permettant de disposer de données complémentaires pour améliorer les connaissances sur l’épidémiologie du TBEV dont la distribution spatio-temporelle :

    • Évaluer les possibilités de mise en œuvre d’un dispositif de surveillance dédié au TBEV en considérant les données déjà disponibles : intérêt, coût, format.

    • Identifier ce qui serait du ressort de travaux de recherche et identifier les besoins dans ce domaine. Les travaux de recherche seront ensuite menés hors Plateforme. Un lien avec le projet Prezode pourrait être envisagé. 

  4. Apporter un appui lors des investigations (menés hors Plateforme comme cela est le cas actuellement) :

    • Apporter un appui pour le volet communication aux acteurs concernés via les réseaux du groupe de travail (ex : relai via GDS France, SNGTV, FNC).

    • Apporter un appui en lien avec des investigations concernant les éventuelles conséquences de l’investigation dans le domaine de la surveillance.

  5. Maintenir du lien entre les acteurs travaillant dans le domaine de TBEV (acteurs surveillance, gestion, recherche, évaluation du risque).

  6. Apporter un appui pour la valorisation des investigations menées (hors Plateforme) = partager sous forme de retour d’expérience pour identifier les pistes d’amélioration pour le volet surveillance.

Le groupe projet est co-animé par des experts provenant de l’Anses et de Santé publique France (SpF). L’équipe en appui transversal de la Plateforme ESA apporte un appui en continu pour la gestion des données. Ce groupe projet regroupe des experts techniques du ANICAP, Anses (UMR Viro, unité VE, LSAN, LFFSN, LNR), CHU Strasbourg, CNR Arbovirus, DGS, GDS France, INRAE, SNGTV, SpF