Trois foyers d'influenza aviaire hautement pathogène détectés en France 

Isabelle Guerry, Manon Hamon, Eric Niqueux, Sophie Le-Bouquin, Didier Calavas, Anne Bronner, Pascal Hendrikx, Alexandre Fediaesvky

Dans le cadre de la surveillance événementielle et suite à déclaration d'une suspicion clinique le 19 novembre 2015, un premier foyer d’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N1 a été mis en évidence dans un élevage non commercial de 32 volailles à Biras en Dordogne. Au total, 22 oiseaux sont morts entre le 14 et le 19 novembre. L'analyse virologique PCR a conduit à l'obtention de résultats positifs pour le type H5 le 20 novembre, par la suite confirmés de type IAHP H5N1 par le laboratoire national de référence Anses de Ploufagran (le 24 novembre). Les dix oiseaux restants dans l’élevage ont été abattus préventivement le 20 novembre. L’analyse phylogénétique des séquences H5 et N1 montre que celles-ci ne sont pas directement apparentées aux séquences des virus H5N1 hautement pathogènes de la lignée asiatique A/goose/Guandong/1/96. Les séquences H5 obtenues sont directement apparentées aux séquences des influenzavirus H5 faiblement pathogènes circulant en Europe et disponibles dans les banques de données. Les séquences N1 obtenues sont directement apparentées aux séquences N1 d’influenzavirus circulant en Europe et disponibles dans les banques de données. L’Anses a été saisie pour évaluer le risque lié à la circulation virale de cette souche en France.

En parallèle, la surveillance programmée dans le cadre de l’enquête influenza aviaire en élevage a conduit à des résultats sérologiques positifs en Influenza aviaire de sous-type H5 le 18 novembre 2015 dans un élevage de canards comprenant un atelier d’engraissement de 12 000 têtes et un atelier de gavage de 2 000 têtes sur la commune de Saint Paul La Roche, en Dordogne également. Des prélèvements complémentaires pour analyse virologique ont conduit à la mise en évidence le 28 novembre 2015 du gène H5 d’un virus Influenza aviaire possédant un site de clivage correspondant à celui d’un virus hautement pathogène. Le gène de la neuraminidase (gène NA) n’a pu être mis en évidence sur les ARN extraits des pools de sérums, et des analyses complémentaires ont été mises en oeuvre pour déterminer le type N. Afin de prévenir la diffusion du virus, l’abattage de l’ensemble des 14 000 volailles a été organisé dès le 30 novembre. Pour plus d’informations sur les modalités de la surveillance programmée organisée annuellement en France, voir l’article dans le Bulletin épidémiologique spécial Maladies réglementées et émergentes.

Enfin, un foyer d'Influenza aviaire H5N2, sous forme également hautement pathogène, a été confirmé à Domme, en Dordogne également, le 30 novembre 2015 suite à une suspicion clinique dans un élevage de 1 168 oies et 170 canards. Six prélèvements ont été effectués sur trois oisons morts et trois sacrifiés. L'un de ces prélèvements est revenu positif après analyse virologique, ce qui a conduit à l'abattage de l'ensemble de l'élevage. L'élevage avait fait l'objet d'une suspicion sérologique au début du mois de novembre, qui avait été infirmée par une analyse virologique le 25 novembre, avant de faire l'objet d'une suspicion clinique le 27 novembre.

Des zones de protection et de surveillance respectivement de trois et dix km ont été mises en place autour des trois foyers (figure 1). Les zones de surveillance de Biras, Saint Paul la Roche et Domme concernent respectivement 46, 27 et 93 ateliers (tableau 1), un atelier étant défini comme une unité de production et/ou bâtiment d'élevage1. Il n’y a pas de facteurs de risque identifiés d'introduction ou de diffusion du virus, en lien avec des fortes densités d’élevage avicole ou des zones de regroupement important pour l'avifaune sauvage à proximité des foyers. Une enquête dans les élevages de la zone réglementée est en cours autour des foyers pour déterminer la distribution spatiale de ce virus. Une zone complémentaire à faible risque, ou zone B au sens du point (8) de la décision 2006/415/CE, est en cours de validation. Cette zone, dite « à faible risque », sépare la zone réglementée touchée par la maladie de celle restée indemne. Elle a pour objectif de limiter le risque de diffusion en limitant notamment les mouvements de volailles, et de leurs produits et sous-produits.

 

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