Deux nouveaux foyers d'influenza aviaire hautement pathogène ont été notifiés le 10 décembre 2015 (l'un dans les Landes et l'autre dans le Gers)

Manon Hamon, Alexandre Fediaevsky
DGAL, Bureau de la santé animale

Depuis le 24 novembre 2015 et à la date du 8 décembre 2015, douze foyers d'influenza aviaire hautement pathogène (HP) ont été notifiées : sept en Dordogne, trois dans les Landes, un en Haute Vienne et un dans le Gers.. La mise en évidence des virus influenza hautement pathogènes a commencé en Dordogne avec l'identification d'un premier foyer H5N1 hautement pathogène le 24 novembre 2015. Elle s'est poursuivie dans le département des Landes par l'identification d'un foyer H5N9 HP le 6 décembre 2015, puis dans la Haute-Vienne avec un foyer H5N1 HP notifié le 8 décembre 2015 et enfin dans le Gers, avec un foyer H5N2 HP le 9 décembre 2015. Par ailleurs, deux foyers d'influenza aviaire faiblement pathogène ont été identifiés dans les Landes, et un dans l'Aveyron.

 

En Dordogne

 

Dans le cadre de la surveillance événementielle et suite à déclaration d'une suspicion clinique le 19 novembre 2015, un premier foyer d’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N1 a été mis en évidence dans un élevage non commercial de 32 volailles à Biras en Dordogne. Au total, 22 oiseaux sont morts entre le 14 et le 19 novembre. L'analyse virologique PCR a conduit à l'obtention de résultats positifs pour le sous-type H5 le 20 novembre, par la suite confirmés de sous-type IAHP H5N1 par le laboratoire national de référence Anses de Ploufragan (le 24 novembre). Les dix oiseaux encore présents dans l’élevage ont été abattus préventivement le 20 novembre. L’analyse phylogénétique des séquences H5 et N1 montre que celles-ci ne sont pas directement apparentées aux séquences des virus H5N1 hautement pathogènes de la lignée asiatique A/goose/Guandong/1/96. Les séquences H5 obtenues sont directement apparentées aux séquences des influenzavirus H5 faiblement pathogènes circulant en Europe et disponibles dans les banques de données. Les séquences N1 obtenues sont directement apparentées aux séquences N1 d’influenzavirus circulant en Europe et disponibles dans les banques de données. L’Anses a été saisie pour évaluer le risque lié à la circulation virale de cette souche en France.

En parallèle, la surveillance programmée dans le cadre de l’enquête influenza aviaire en élevage a conduit à des résultats sérologiques positifs en Influenza aviaire de sous-type H5 le 20 novembre 2015 dans un élevage de canards comprenant un atelier d’engraissement de 12 000 têtes et un atelier de gavage de 2 000 têtes sur la commune de Saint Paul La Roche, en Dordogne également. Des prélèvements complémentaires pour analyse virologique ont conduit à la mise en évidence le 28 novembre 2015 du gène H5 d’un virus Influenza aviaire possédant un site de clivage correspondant à celui d’un virus hautement pathogène. Afin de prévenir la diffusion du virus, l’abattage de l’ensemble des 14 000 volailles a été organisé dès le 30 novembre. Le gène de la neuraminidase (gène NA) a ensuite été mis en évidence à partir d’une seconde série de prélèvements effectués dans le même élevage lors de l’abattage. Il s'agit des sous-types H5N1 et H5N9 hautement pathogènes. Pour plus d’informations sur les modalités de la surveillance programmée organisée annuellement en France, voir l’article dans le Bulletin épidémiologique spécial Maladies réglementées et émergentes.

(vhttp://bulletinepidemiologique.mag.anses.fr/sites/default/files/BEP-mg-B...)

Des zones de protection et de surveillance respectivement de trois et dix km ont été mises en place autour des foyers. Il n’y a pas de facteurs de risque identifiés d'introduction ou de diffusion du virus, en lien avec des fortes densités d’élevage avicole ou des zones de regroupement important pour l'avifaune sauvage à proximité des foyers. Une enquête dans les élevages de la zone réglementée est en cours autour des foyers pour déterminer la distribution spatiale de ce virus. Une zone complémentaire à faible risque, ou zone B au sens du point (8) de la décision 2006/415/CE a été mise en place. Cette zone, dite « à faible risque », sépare la zone réglementée touchée par la maladie de celle restée indemne. Elle a pour objectif de limiter le risque de diffusion en limitant notamment les mouvements de volailles, et de leurs produits et sous-produits.

Suite à la mise en place des zones réglementées, des prélèvements (écouvillons pour PCR) sont nécessaires pour faire sortir pour abattage des lots d'oiseaux de la zone réglementée. Cette mesure a conduit à la mise en évidence d’influenza virus de sous-type H5 le 4 décembre 2015 dans un élevage de 1 000 canards dans la zone de surveillance de Saint Paul la Roche à Nantheuil. L'identification d'une séquence H5 hautement pathogène a été déclarée le 7 décembre 2015, entraînant l'abattage des oiseaux le 8 décembre 2015. La déclaration du foyer de Nantheuil a entraîné l’extension de la zone réglementée initiale autour de Saint Paul la Roche. Désormais, la zone de protection et la zone de surveillance concernent respectivement 3 et 23 communes de Dordogne.

D'autre part, un foyer d'Influenza aviaire H5N2, sous forme également hautement pathogène, a été confirmé à Domme, le 30 novembre 2015 suite à une suspicion clinique dans un élevage de 1 168 oies et 170 canards. Six prélèvements ont été effectués sur trois oisons morts et trois sacrifiés. L'un de ces prélèvements est revenu positif après analyse virologique, ce qui a conduit à l'abattage de l'ensemble de l'élevage. L'élevage avait fait l'objet d'une suspicion sérologique vis-à-vis du sous-type H5 au début du mois de novembre, qui n’avait pas abouti à la mise en évidence d’influenza virus de sous-type H5 à l’issue d’une analyse virologique sur le troupeau d’oies reproductrices le 25 novembre, avant de faire l'objet d'une suspicion clinique le 27 novembre. Le 2 décembre 2015, dans le cadre de prélèvements pour une demande de sortie de zone réglementée pour abattage, une suspicion a été déclarée dans la commune voisine de Cénac et Saint Julien, qui a conduit à l'identification d'une souche H5 hautement pathogène le 4 décembre 2015 dans un élevage de 1 000 canards et 4 000 poules. Les zones réglementées mises en place à la suite de la déclaration du foyer à Domme ont été revues et étendues. La zone de protection concerne les deux communes Domme et Cénac et Saint Julien ainsi que six communes avoisinantes en Dordogne. La zone de surveillance concerne 23 communes en Dordogne et 8 communes dans le Lot.

En outre, une suspicion clinique a été déclarée le 1er décembre 2015, suite à la mort de 54 canards depuis le 28 novembre 2015 dans un atelier de gavage de 630 canards, dans la commune de Bosset. Le Laboratoire national de référence a identifié une souche H5N9 hautement pathogène le 7 décembre 2015. Un schéma semblable s'est produit à Montignac avec une suspicion clinique le 3 décembre 2015 dans une basse-cour de 25 poules, 3 canards et 2 oies, et l’identification d’un souche H5N1 hautement pathogène par le LNR le 7 décembre 2015. La mise en place de zones réglementées a été validée pour ces deux nouveaux foyers.
 

Dans les Landes

Suite à une suspicion clinique dans un élevage de poulets, de chapons et de pintades le 3 décembre 2015, un premier foyer d'influenza hautement pathogène a été déclaré dans les Landes à Doazit le 6 décembre avec identification d'une souche H5N9. La mort brutale de 700 pintades sur les 24 550 oiseaux que comptait le site avait attiré l'attention des autorités. Un abattage préventif a été réalisé les 4 et 5 décembre 2015.Un deuxième foyer d’influenza H5 hautement pathogène a été déclaré à Josse le 6 décembre 2015 dans un élevage de 500 canards dans le cadre de la surveillance nationale. Les zones réglementées de protection et de surveillance dans les Landes concernent un nombre d'exploitations situées respectivement dans un rayon de 3 km et de 10 km autour des foyers de Doazit et de Josse.

Parallèlement, la mort brutale de 12 600 poulets de chair, 4 000 pintades, 3 500 chapons et 960 canards prêts à gaver a été déclarée près de la commune de Doazit à Horsarrieu le 5 décembre 2015, soit deux jours après la déclaration de la suspicion clinique du foyer de Doazit. La souche H5N9 hautement pathogène a été identifiée par le LNR le 9 décembre 2015.

Enfin, deux foyers d'influenza aviaire faiblement pathogène de sous-type H5N2 ont été détectés dans des élevages de canards à Castelnau Tursan et à Sainte Colombe le 4 décembre 2015 dans le cadre de la surveillance nationale. L'identification d'une souche faiblement pathogène entraîne un périmètre réglementé d'un kilomètre autour du foyer.

 

En Aveyron

Dans le cadre de la surveillance nationale, une suspicion sérologique dans un élevage de 3 500 canards à Catselnau de Mandailles a conduit à la confirmation le 7 décembre 2015 d'une souche d'influenza H5 faiblement pathogène.

 

En Haute Vienne

Une suspicion clinique dans un élevage de 250 poules, chapons et canards a conduit à l'identification le 8 décembre 2015 d'une souche d'influenza aviaire hautement pathogène H5N1 par le LNR. Trois volailles étaient mortes brutalement 24 heures avant la déclaration de suspicion clinique le 4 décembre 2015. La zone de protection de 3 km concerne la commune des Billanges. La zone de surveillance dans les 10 km autour du foyer concerne cinq communes en Haute-Vienne et 4 communes dans la Creuse.

 

Dans le Gers

Sur une exploitation de 7 300 canards prêts à gaver et 1 000 canards en gavage, la mort brutale de 250 oiseaux a été déclarée le 7 décembre 2015, dans la commune de Manciet. Le LNR a identifié la souche H5N2 hautement pathogène le 9 décembre 2015.

 

Tableau : Répartition des foyers suivant l'origine de leur découverte

 



Contexte

Foyers détectés

Surveillance évènementielle

3 foyers H5N1 HP

2 foyers H5N2 HP

3 foyers H5N9 HP

Surveillance programmée (enquête sérologique nationale)

1 foyer H5N1 HP et H5N9 HP

1 foyer H5 HP

1 foyer H5N2 FP

1 foyer H5 FP

Surveillance dans le cadre de demandes de dérogations aux mouvements

2 foyers H5 HP