Décembre 2011 - Présentation du dispositif de surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage

Face à la situation actuelle de la tuberculose bovine, le réseau de surveillance Sylvatub a été constitué, afin d'estimer la présence de la tuberculose bovine dans la faune sauvage sur le territoire métropolitain (NS 2011-8214 du 20/09/20111).

Cet article présente les objectifs du réseau Sylvatub ainsi que les différentes mesures de surveillance à mettre en oeuvre dans les départements en fonction du niveau de risque estimé (organisation, circuit d'information, ...).

 

 

 

 

 

Contexte

La situation épidémiologique de la tuberculose bovine en France est caractérisée par une très faible prévalence générale et la persistance de foyers d’infection localisés dans les cheptels bovins. Depuis quelques années, des animaux sauvages infectés ont été détectés dans plusieurs zones de prévalence de tuberculose bovine, sans toutefois que l’étendue de l’infection dans la faune sauvage soit réellement connue.

Dans les zones d’infection des cheptels bovins, il convient donc d’identifier le plus précocement possible une infection de la faune sauvage afin de pouvoir mettre en place des mesures de contrôle et d’éviter le risque de constitution de réservoir dans les populations d’animaux sauvages. Dans les zones où ce type d’infection a été détecté, il convient alors de connaître son évolution afin d’adapter les mesures de contrôle.

Dans ce contexte, la DGAl, l'Anses, la FNC, l’ONCFS, l’Adilva, GDS France et la SNGTV ont défini un réseau de surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage, dénommé Sylvatub. La mise en oeuvre de ce réseau est assurée par les acteurs départementaux et concerne principalement les directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP), les directions départementales des territoires (DDT), les fédérations départementales de la chasse (FDC), les antennes de l'ONCFS, les laboratoires d'analyses vétérinaires et les lieutenants de louveterie ; d'autres acteurs pouvant intervenir en fonction des départements. L'animation du réseau est confiée à la Plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale.

 

Objectifs

-Détecter la présence de la tuberculose bovine dans différentes espèces sauvages sensibles en France métropolitaine et son évolution

-Suivre l'évolution du niveau d'infection chez les espèces sauvages sensibles dans les zones où elle a été détectée dans la faune sauvage

-Partager des informations scientifiques et des connaissances techniques relatives à la tuberculose bovine dans la faune sauvage

-Caractériser les souches de Mycobacterium bovis isolées chez les animaux sauvages sur l'ensemble du territoire français

 

Organisation institutionnelle

Un comité de pilotage national réunit les différents acteurs du réseau Sylvatub : la DGAL, l'Anses, l'ONCFS, la FNC, l'Adilva, GDS France et la SNGTV.

Un animateur national est chargé d'harmoniser les dispositifs de surveillance à l'échelle nationale, en apportant notamment son soutien technique et organisationnel à la mise en place des protocoles dans les départements. Il doit de plus être destinataire de toute information, fiche de collecte de prélèvements, résultat d'analyse concernant la tuberculose bovine dans la faune sauvage, afin de participer à l'analyse des résultats en collaboration avec les acteurs locaux et assurer un retour d'informations auprès des acteurs concernés.

 

 

Réseau d'acteurs

 

La mise en œuvre de ce réseau est assurée par les acteurs départementaux, en particulier les Directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP), les directions départementales des territoires (DDT), les lieutenants de louveterie, les chasseurs et les FDC, les services départementaux de l’ONCFS, piégeurs agréés et équipages de vénerie sous terre, et les laboratoires départementaux d'analyses vétérinaires ; d'autres acteurs pouvant intervenir en fonction des départements.

 

logisylvatub 2

 

 

Des modalités de surveillance adaptées au niveau de risque face à la tuberculose

Le réseau Sylvatub définit trois niveaux de surveillance de la tuberculose dans la faune sauvage (figure 1):

*Niveau 3: Haut risque

--> présence de foyers bovins (prévalence élevée)

--> mise en évidence d'animaux sauvages infectés et/ou existence d'un réservoir primaire dans la faune sauvage

*Niveau 2 : Risque intermédiaire

--> détection régulière de foyers bovins ou augmentation soudaine d'incidence

--> mise en évidence récente de cas de tuberculose bovine dans la faune sauvage

--> proximité de zones de niveau 3

*Niveau 1 : Faible risque

--> tous les autres départements

 

Figure 1: Niveaux de surveillance à appliquer dans les départements français pour la saison cynégétique 2011/2012 (d'après la NS 2011-8214 du 20/09/2011)

Caractérisation départementale du niveau de risque

Six volets du dispositif de surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage sont mis en place en fonction du niveau de risque départemental (tableau 1).

Tableau 1: Volets de surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage à appliquer en fonction du niveau de surveillance départemental

 

 

Définition du cas

Cas suspect = présence d'abcès interne

 

Volets du dispositif de surveillance

1. Examen initial de la venaison des cerfs et sangliers : Niveaux 1, 2, 3

Détection de lésions suspectes sur des carcasses de grand gibier soumises à un plan de chasse, par des chasseurs formés à l'examen initial de la venaison.

Toute suspicion conduit au renseignement d'une fiche de commémoratifs (fiche d'accompagnement du gibier), à l'appel d'un référent chargé de valider la suspicion et de prendre en charge la carcasse et/ou les prélèvements à destination du laboratoire départemental le plus proche.

2. Surveillance des sangliers, cervidés et blaireaux prélevés par SAGIR : Niveaux 1, 2, 3

Une surveillance événementielle fondée sur le réseau SAGIR doit également être appliquée sur tout territoire national. Cette surveillance s'exerce dans le cadre du fonctionnement normal du réseau SAGIR.

3. Surveillance renforcée des cervidés, sangliers et blaireaux prélevés par SAGIR : Niveaux 2, 3

Dans les départements de niveaux 2 et 3 est prévu un renforcement du réseau SAGIR, qui concernera la collecte des animaux (effort de collecte sans tri préalable sur le terrain) et la recherche systématique de la tuberculose en laboratoire.

4. Surveillance renforcée des cadavres signalés sur les routes : Niveaux 2, 3

Dans les départements de niveaux 2 et 3 doit être mise en place une surveillance renforcée des cadavres trouvés au bord des routes, en particulier des cadavres de blaireaux. Ce dispositif sera mené en collaboration avec les agents de l'ONCFS, déjà impliqués dans le recensement des cadavres et d'autres partenaires pouvant collecter des cadavres d'espèces sensibles accidentés. Une fois les cadavres repérés, la collecte des blaireaux et leur acheminement et traitement au laboratoire rentrera dans une procédure SAGIR.

5. Surveillance active des blaireaux en périphérie des foyers bovins : Niveaux 2, 3

Dans les départements de niveaux 2 et 3 (exceptionnellement de niveau 1) pourra être mise en place, suite à une analyse de risque locale, un protocole de dépistage de la tuberculose chez les blaireaux vivant à proximité de foyers bovins. Ce dispositif sera, sous l'égide des DDPP et des DDT, sous la responsabilité des lieutenants de louveterie, qui pourront collaborer avec les piégeurs agréés et les équipages de vénerie sous terre pour la capture des blaireaux.

6. Surveillance active de la tuberculose dans la faune sauvage : Niveau 3

Cette modalité concerna les départements de niveau 3, où une contamination de la faune sauvage a été mise en évidence et où une surveillance doit permettre de suivre plus précisément l'évolution de la contamination parallèlement à la mise en oeuvre de mesures de gestions spécifiques. Dans les zones infectées (chez les bovins ou les animaux sauvages) de ces départements, il est nécessaire de mettre en oeuvre durant plusieurs années un programme de surveillance active. Les zones à risque soumises à la surveillance active sont délimitées en fonction de la distribution spatiale des foyers et d'éléments géographiques spécifiques.

 

 

Laboratoires de diagnostic

La méthode diagnostique de référence est la culture bactériologique. Les laboratoires départementaux d'analyses qui ne seraient pas agréés pour cette méthode doivent réaliser les prélèvements adéquats sur les carcasses suspectes et les transmettre à un laboratoire d'analyse agréé de leurs choix.

Dans certains contextes (surveillance active et lésion fortement évocatrice), une PCR pourra être mise en oeuvre afin d'obtenir un résultat indicatif plus rapidement, mais l'analyse bactériologique reste la méthode de référence.

Les cultures positives sont typées et caractérisées (spoligotype et VNTR) par le Laboratoire National de Référence de l'Anses Maisons-Alfort.

 

 

Gestion des données

Les données sont produites au niveau départemental par les acteurs locaux : chasseurs, référents, agents de l'ONCFS,  laboratoires départementaux...

Elles doivent être transmises à l'animateur national qui les intégrera à une base de données nationale de façon régulière, par divers moyens :

-transmission des fiches de collecte,

-transmission de registres mensuels (à remplir par les référents et les agents de l'ONCFS),

-transmission des fiches d'enregistrement des prélèvements par les laboratoires départementaux,

-transmission des comptes rendus d'analyses par les laboratoires départementaux et le LNR.

L'analyse des données est effectuée par l'animateur en collaboration avec les acteurs locaux (FDC, coordonnateurs régionaux pour la lutte contre la tuberculose...).

La restitution est effectuée par l'animateur en collaboration avec les acteurs locaux, à travers une restitution directe et une publication des résultats sur le centre de ressources (onglet dispositifs de surveillance - Faune Sauvage - Sylvatub - Résultats).

 

 

Formation

Des sessions de formations sont organisées :

-pour les chasseurs : formation à l'examen initial de la venaison, délivrée par les formateurs référents du département,

-pour les référents : formation à la réalisation des prélèvements, délivrée par les techniciens de laboratoires départementaux.

 

Suivi-évaluation

Des indicateurs de fonctionnement du réseau sont en cours d'élaboration.

 

Références

1. Note de service DGAL/NDSPA/N2011-8214 en date du 20 septembre 2011: "Surveillance épidémiologique de la tuberculose dans la faune sauvage en France : réseau Sylvatub"

 
 

Organismes Internationaux

  • FAO EMPRES-i (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture)

  • HealthMap (current global state of infectious diseases)

  • OIE WAHIS (Organisation mondiale de la santé animale)

  • OMS (Organisation mondiale de la santé)
 

​​Organismes Européens

  • ECDC (Centre européen de prévention et contrôle de maladies)​

  • EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments)

  • ​DG santé (Direction générale Santé et sécurité alimentaire de Commission européenne)

 

Organismes Nationaux

Plateforme de veille sanitaire

Zircon - This is a contributing Drupal Theme
Design by WeebPal.